TERRE , ARGILE, GLAISE... : COMPOSITION CHIMIQUE DES TERRES À POTERIE :
On me demande souvent quelle terre nous utilisons : de la glaise, de l'argile... ?
Pour répondre à cette question, il m'a fallu me documenter sur la composition chimique des différentes terres que l'on peut utiliser en poterie, car en fait, chacun de ces termes, que je croyais équivalents, a une signification bien précise !
La composition de l'argile est si variable qu'elle détermine l'emploi que l'on pourra en faire. Quand on choisi sa terre, la fourchette des températures où on peut la cuire est bien indiquée. Ainsi, une terre à faïence qui cuit entre 950 et 980 °C par exemple, ne devra surtout pas être utilisée pour faire du grès. Car cuite à 1 300 °C, on retrouve une galette qui est collée aux plaques d'enfournement, et tout est à jeter ! (la plaque y compris !)
Par contre, on peut utiliser une terre à grès pour faire de la terre vernissée ou du raku, mais les poteries obtenues auront les mêmes qualités que les poteries faites avec les terres appropriées (dites "à faïence", "à raku"...). C'est donc aussi la température de cuisson qui fait qu'on peut appeler une poterie « grès » ou « faïence » par exemple.
# L'argile
:
C'est un silicate d'alumine
hydraté produit par la décomposition du feldspath. La composition de l'argile
théorique, aussi appellée kaolinite, est 2SiO2
+ Al2O3 + 2H2O. Mais on ne trouve pas d'argile
pure dans la nature. L'argile la plus pure que l'on puisse trouver
est le kaolin.
# Le
kaolin :
n'est
pas utilisé pur : composé principalement,
mais pas exclusivement, de kaolinite. Il y a toujours un pourcentage
très faible de fer.
DÉFINITIONS DES DIFFÉRENTES TERRES :
# La porcelaine :
vient
du terme italien « porcellana » qui signifie nacre.
La
pâte est composée de kaolin, de feldspath (fondant, qui
donne la transparence) et de quartz (qui sert de liant)(le
quartz est de la silice à l'état cristallin).
Elle se vitrifie à haute température. Les pièces
obtenues sont imperméables et translucides (en faible
épaisseur).
Celle
que nous utilisons comporte en plus des fondants (par exemple :
cendre d'os) pour abaisser sa température de fusion à 1 300 °C. Quand
elle ne contient pas de fondants, il faut atteindre 1 400°C pour
qu'elle se vitrifie complètement.
# À noter : la « porcelaine tendre » n'a de porcelaine que le nom !
Composée d’un mélange de marne calcaire, de silice et de potasse, elle ne contient pas de kaolin. Sa pâte a la blancheur et la transluidité de la véritable porcelaine, mais elle n'en a ni la finesse, ni la dureté : alors que la véritable porcelaine ne se raye pas, la porcelaine tendre est rayée par un couteau.
La porcelaine tendre a été inventée pour imiter les porcelaines venues de Chine. Elle a été fabriquée dès la fin du XVIe siècle à Florence, à la fin du XVIIe siècle en France. Ce n'est en effet qu'en 1768 qu'on découvre le premier gisement de kaolin en France, près de Limoges. La production de porcelaine tendre est alors abandonnée vu les incovénients nombreux de cette matière.
# Les
marnes :
utilisation
: faïence, terre vernissée.
Les marnes sont un mélange
de calcaire (entre 20 et 80 %) et d'argile.
Elles comprennent les glaises,
ou « terres glaises », et les marnes
« grasses ».
Les glaises : sont des marnes très argileuses. Formées d'argiles sédimentaires très impures, elles contiennent des molécules variées : marnes argileuses, hydrocarbures, oxydes de fer, ce qui les rend très fusibles et très plastiques. Ce sont les terres les plus colorées.
Les marnes grasses : sont à l'opposé des marnes très riches en calcaire.
# Les
terres à grès :
Ces terres contiennent beaucoup
plus de silice et d'alumine que les marnes ainsi que moins de fer.
Elles contiennent de nombreux autres éléments en
quantités variables (MnO, MgO, NA2O, K2O,
TiO2...).
# Les
terres chamottées :
La
chamotte est de la terre cuite broyée plus ou moins finement
que l'on incorpore à de la terre crue (que ce soit pour faire du grès,
du raku...) avant de la travailler. En fonction de la pièce que l'on
veut obtenir, on
choisit une terre plus ou moins chamottée, avec de grains plus
ou moins gros.
Intérêt de la chamotte : elle
chamotte permet d'améliorer le séchage et de réduire
le retrait (14 % en moyenne pour le grès), de plus elle permet aux pièces
de résister aux chocs thermiques lors du biscuit ou pour les
cuissons raku.
Pour toutes ces explications, en image, je vous conseille de visionner l'émission « C'est pas sorcier » sur la poterie.