LE RAKU :
TECHNIQUE DE CUISSON JAPONAISE
La différence entre une pièce en grès et une pièce en raku se situe au niveau de la deuxième cuisson :
alors que pour le grès on cuit un ensemble de pièces jusqu'à atteindre 1 300°C, puis on laisse refroidir le four avec les pièces doucement (pour notre four à bois, on attend entre 1 jour et demi à 2 jours), pour le raku il en va tout autrement :
on met
dans le four à raku un petit nombre de pièces, puis on
ouvre régulièrement le four pour surveiller à
l'oeil la température que les pièces ont atteinte.
Quand l'émail est nappé, rougeoyant, il a atteint la
bonne température. On peut alors sortir les pièces (qui
sont aux alentours de 900°C !) pour les poser sur de la sciure
(ou tout autre matériau qui peut prendre feu : paille, copeaux
de bois...) pour réaliser l'enfumage : la sciure
s'enflamme du fait de la température élevée, ce
qui crée un dégagement de carbone. En fonction des
zones (atmosphère plus ou moins réduite) l'émail
change alors de couleur, ce qui crée ces variations de couleur
si appréciées dans le raku.
NB : il faut choisir un
émail qui a des variations de couleur importantes en fonction
du degré d'oxydation, comme un émail contenant du
cuivre par exemple (en fonction de son degré
d'oxydo-réduction, la couleur de l'émail au cuivre
varie entre différents bleus, verts, rouges, jusqu'à
atteindre sa couleur cuivrée que nous connaissons tous quand
il a été très réduit : il se trouve alors
sous sa forme métallique).
Les craquelures : on peut les réaliser sur des émaux monochromes (dont la couleur ne varie pas avec l'enfumage, dans ce cas là, il ne sert à rien de faire l'étape d'enfumage telle que je l'ai décrire ci-dessus) ou sur des émaux versicolores. Il faut laisser refroidir doucement la pièce. Quand on entend la poterie "cliqueter", il faut alors la recouvrir de sciure. La sciure se consume suffisamment pour teinter ces craquelures en noir, mais plus assez pour changer la couleur d'un émail qui réagit à l'oxydo-réduction.
étanchéité :
Le refroidissement des pièces
étant brutal d'une part, et d'autre part, le fait que les
pièces n'ont été cuites qu'à basse
température, fait que nous ne pouvons pas garantir
l'étanchéité des pièces en raku.
En
effet, pour les pièces cuites à basse température
comme le raku, la faïence ou la terre vernissée, la
terre reste poreuse. L'étanchéité
peut-être assurée uniquement par un émaillage
irréprochable, ce qui ne peut pas être le cas pour le
raku à cause des chocs thermiques, il y a toujours des
craquelures dans l'émail.